À propos de l’auteur

Ce site se veut être une vue de l’intérieur. Je l’ai mis en page pour qu’il soit ce qui me ressemble. Parce que j’estime être le moins bien placé pour parler de moi, il n’y aura pas ici de longue présentation comme c’est souvent la règle sur les sites d’artistes. À la place, j’essaierai de vous parler de ce thème singulier de l’art visuel qui m’occupe depuis plusieurs années déjà et vers lequel je me suis orienté précocement dans ma pratique photographique, le minimalisme graphique.
J’utiliserai en préambule cette citation de G.-M. Cogné – rédacteur du magazine Photofan – qui résume justement me semble-il, le principe et l’élaboration de mon parcours artistique.

Guy-Michel Cogné

Directeur des magazine Chasseur d''images et Photofan / chassimages.com

«Passionné par la photographie d’architecture, Nicolas Pousset revendique une approche minimaliste de ce sujet. Ses images sont donc sobres et dépouillées et il en exclut presque toujours toute présence humaine.
Un style, un concept… dont il nous explique lui-même tout le cheminement !»

G.-M. Cogné, Extrait du magazine bimestriel, Photofan n°23. Décembre 2008 – février 2009

LLe graphisme est partout. Dans une courbe d’escalier, un encadrement de porte, un plafond ou un reflet, il se traque et se décrypte, sans cesse capable de faire surgir l’inattendu. Mais le graphisme ne se livre pas de lui-même. Le graphisme s’apprivoise, se ressent et s’anticipe.
Le graphisme exige du photographe un sens de l’abstraction spontané, un travail mental capable d’anticiper les raisons pour lesquelles certaines combinaisons de formes ou certaines associations de couleurs fonctionnent mieux que d’autres.
Le graphisme ne laisse pas de place à l’analyse significative de l’œuvre parce que le graphisme s’interprète sur ce qu’il exprime et non pas sur ce qu’il signifie. Il se décrypte de façon unitaire et instinctive comme un modèle géométrique global et expressif.
« Tout est partie du tout ». C’est l’ensemble des formes élémentaires (lignes, ronds carrés, …) qui compose l’unité conceptuelle et l’harmonie sur lequel reposent la force et l’équilibre de la composition graphique.
Mais l’harmonie fuyant la surcharge, le graphisme ne peut pas non plus supporter l’excès ni l’ornement qui distrait. Toutes les formes les plus élaborées du graphisme répondent à un ensemble de préoccupations minimalistes qui donnent à la réalisation sa subtilité et sa justesse. « L’équilibre parfait » ne s’obtient que par une évaluation proportionnée du nécessaire et du suffisant.
Pour reprendre les principes de la célèbre formulation ambivalente « Less is more » de l’architecte allemand Mies Van der Rohe, il convient d’aborder le minimalisme comme un enjeu de maximisation du détail et de la finition. Appliqué à la photographie ce principe définirait la composition « idéale » comme l’impossibilité de l’améliorer encore par simplification, par l’exclusion de plus d’éléments.

La soustraction du superflu, le refus de l’insignifiant qui distrait, ne constitue pas en soit un renoncement mais à l’inverse, une recherche de perfection. L’image minimale doit pouvoir se passer de tout élément inopportun parce que sa force tient en réalité de ce qu’elle parvient à ne pas montrer. Mais le minimalisme ne triche pas. Il ne peut rien cacher ni camoufler. Capable du meilleur lorsqu’il est sincère, il sanctionne chaque détail un peu compliqué ou chaque sophistication comme la conséquence d’une erreur de composition.
J’aborderai ici un cas particulier de la photographie qui est celui de la photographie minimaliste à l’ultra grand angle – objectif que j’utilise majoritairement – qui introduit un surcroît de difficulté liée exclusivement à la caractéristique optique de l’objectif. Cette focale courte créée pour permettre un cadrage large, offre un angle de vision plus large que la perception naturelle de l’œil humain. L’amplitude de son angle de champ conçue pour intégrer le maximum d’éléments dans la composition, semble a priori en contradiction avec une volonté de création minimaliste. La difficulté va donc cette fois au-delà du choix des éléments à exclure du cadrage, mais concerne surtout la manière de les exclure de son angle de champ tout en préservant l’équilibre graphique de l’image. C’est tout le travail que j’ai essayé de vous présenter sur ce site dans la partie portfolio. Aussi souvent que possible, j’ai essayé de m’affranchir du superflu pour tendre le plus possible vers le signe. La question du minimum demeure pour moi une préoccupation majeure pour l’ensemble de mon travail. Je traque le minimum comme un objectif de maximisation, une quête de l’élégance et de l’expressivité. J’espère être parvenu à vous surprendre, à vous entrainer un peu dans cet univers. Je vous souhaite une bonne visite.

n.p.